2022
9 avril 2022
Mission : Réseau 4
Michel, Salvador et Fred (Garagalh), Vincent, Romain et Antoine
TPST ; 12h00
Énormément de vent ce jour-là, mais devant la doline, un immense tas de troncs de pins offre un abri inespéré.
L'équipement des puits par les Sophitaupes, notamment Lucas, nous permet de rejoindre rapidement le réseau 2 et notre objectif : la galerie des Funambules jusqu'au S2.
La galerie vaut le déplacement : c'est un beau méandre en trou de serrure dans lequel il faut progresser en permanence en hauteur. Ce n'est pas très difficile, mais long et sportif lorsqu'on est bien chargé.
Au niveau du terminus pour les non-plongeurs, Michel a récemment entrepris une escalade d'environ 7 m, avant de rejoindre un méandre étroit sur quelques mètres, que nous avons alors rapidement agrandi. Ensuite, le méandre s'élargit considérablement sur environ 5 m, avant de devenir impénétrable et fortement ventilé !!! dans la direction post-S2… réseau 4 !
Au plafond, la faille est pénétrable. Lucas est déjà monté et a aperçu plus loin une trémie avec du noir derrière. Cela pourrait peut-être éviter la désobstruction du méandre.
Un bloc d'environ une tonne est coincé dans la faille à 1,50 m du sol. Nous commençons par le retirer, car il ne semble pas très stable. L'opération est rapidement menée avec succès. Mais ce bloc en cachait un second, d'au moins 5 tonnes cette fois, tout en longueur, coincé en équilibre précaire. Que ce soit pour escalader la faille ou désobstruer le méandre, il faudrait passer en dessous… Il faut absolument s'en débarrasser, mais pas aujourd'hui : une telle opération se prépare à l'avance et nécessite davantage de matériel.
La suite semblant prometteuse, nous faisons demi-tour.
Fred avait déjà signalé qu'il était fatigué, mais je fais l'erreur de proposer un retour par le réseau 3 afin de changer d'itinéraire, comme si j'étais un habitué des lieux… alors que je n'y suis passé qu'une seule fois, et dans l'autre sens. Je rate le passage clé et atterris à la Chapelle Sixtine… Heureusement, Salvador a la topo et nous retrouvons le bon passage, mais non sans y laisser des plumes. Mille excuses.
Romain prend la bonne initiative de décharger Fred afin de lui faciliter la remontée des puits. Cela s'avérera très utile, car Fred a pu rejoindre la surface sans problème, très lentement, bien encadré par Michel. Même si je pense que Vincent est remonté avec un kit très lourd, le choix était judicieux.
Pour ma part, je n'ai aperçu que trois chauve-souris.
Il est également utile de préciser que, lors de cette sortie, il y a eu deux chutes de kits : une à la descente et une à la montée. Cela peut être aussi dangereux qu'un décrochage de bloc, ou, dans une moindre mesure, très coûteux si le matériel transporté est onéreux. Les causes identifiées sont un nœud mal serré et mal vérifié sur le système d'accrochage (donc facilement évitable), ainsi qu'une ouverture intempestive du mousqueton du kit. Un mousqueton verrouillable pourrait éventuellement être une solution.
J'ai trois photos ; sur les autres, on ne voit rien… je m'entraînerai.
22 octobre 2022
Sécurisation du menhir
Salvador, Kévin, Michel (Garagalh), Antoine
TPST : 11h00
Michel arrive en retard et de mauvaise humeur : un rallye au col des Ferrier l'a obligé à faire un grand détour par Grasse pour rejoindre le plateau de Calern depuis Saint-Vallier.
« Et puis c'est une honte avec les restrictions de carburant, l'écologie, et blablabla… »
Nous avons avec nous des cordes de 9 mm pour remplacer celles en 8,5 mm des Sophitaupes dans les puits. Nous les mettons en kits sur le parking et commençons l'approche à 10 h 00.
À la descente, Salvador et Michel s'occupent du remplacement des cordes.
La cavité est très sèche.
Avec Kévin, nous filons directement vers notre objectif du jour, à proximité du siphon 2. À l'issue du méandre des Funambules, une courte escalade récemment réalisée mène au sol d'un méandre très ventilé.
La dernière fois, le souffle venait de face et le méandre devenait impénétrable. Aujourd'hui, le départ du méandre aspire très fortement, mais pas vers la suite : l'air se perd en hauteur dans la diaclase, là où reste encore bloqué — on se demande comment — un énorme bloc.
Quoi qu'il en soit, pour poursuivre soit au sol du méandre, soit en escalade vers la zone d'aspiration, il est impératif de sécuriser ce « menhir ».
Salvador et Michel nous rejoignent.
Kévin nous régale avec de la viande séchée d'antilope de Namibie !
La désobstruction est très technique : nous perçons tantôt dans la paroi, tantôt directement dans le bloc. Après une dizaine de perçages, nous y parvenons.
La zone est désormais complètement sécurisée et le travail pourra se poursuivre sereinement.
Nous escaladons ensuite d'environ 5 m dans la faille en opposition et trouvons la suite presque pénétrable, bien qu'un léger recalibrage soit nécessaire pour éviter d'user prématurément nos combinaisons.
La prochaine fois, nous partirons en première. L'espoir est de rejoindre le réseau 4 en shuntant le S2.
À la remontée, nous récupérons les cordes en 8,5 mm des Taupes pour les leur restituer.
Il ne fait pas froid, il n'y a pas de lune : le ciel est rempli d'étoiles…
19 novembre 2022
Un lapin, vous dites ?
BGC, Michel (Garagalh), Vincent et Antoine (CM)
TPST : 10 h 00
Dès l'entrée, nous remarquons l'inversion du courant d'air : passage en mode hiver. Le trou souffle et les parois sont humides.
L'escalade du ressaut, libéré des blocs coincés lors de la dernière séance, se fait facilement : large et sécurisée.
Les percements au départ du méandre suivant se font en opposition dans le ressaut. Cette gymnastique durera un temps, mais après la purge, la suite est largement confortable. Il restera peut-être à supprimer deux blocs coincés en hauteur : pour l'instant, on passe dessous sans les toucher.
Cinq mètres plus loin, en remontant toujours dans la faille, nous découvrons un grand volume : un élargissement de la faille, une belle diaclase ! Sur une dizaine de mètres à la base du puits, ça pince, et le courant d'air ne vient pas de là.
La diaclase fait environ deux mètres de large, avec un gros décollement de la paroi d'un côté. La suite se situe en hauteur : une vingtaine de mètres plus haut, on devine un passage à l'opposé d'un petit ruissellement, qui doit se transformer en cascade en période de crue, puisque des graviers sont déposés sur les parois jusqu'à trois mètres au-dessus du sol.
C'est là que Vincent fait une belle découverte : un os…
Sûrement une côte de lapin, d'après Michel.
Nous sommes à environ –300 m par rapport à l'entrée, probablement moins par rapport à la surface à l'aplomb. Cela nous laisse supposer qu'une jonction avec la surface pourrait être envisageable sans obstacle majeur par ici.
Pour la suite, nous envisageons une escalade artificielle, pas difficile, en opposition.
Nous avons également laissé pour le moment le méandre impénétrable situé sous le ressaut où se trouvaient les gros blocs coincés ; il faudra toutefois ranger les blocs pour pouvoir attaquer cette désobstruction.
Enfin, Vincent nous a apporté le café… mais pas du café en poudre ! Il a traîné avec lui une cafetière italienne de six tasses, du café en grains, un moulin, un beau réchaud de camping, et même un gros feuilleté comtois d'un demi-kilo (qu'il n'a même pas mangé…). Sans oublier les clés de sa voiture !
Il est fou, ce jeune !

